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La fin est dans le commencement.
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# Posté le samedi 30 mai 2009 06:01

"On n'est jamais si heureux que quand on a trouvé le moyen de se perdre." - Amélie Nothomb. Tu es le début et la fin, la découverte et la perdition, l'union et la déchirure, l'amour et la haine, la souffrance et le bonheur, le corps et l'esprit. La vie et la mort. Et je me hais autant que je t'aime.

"On n'est jamais si heureux que quand on a trouvé le moyen de se perdre." - Amélie Nothomb. Tu es le début et la fin, la découverte et la perdition, l'union et la déchirure, l'amour et la haine, la souffrance et le bonheur, le corps et l'esprit. La vie et la mort. Et je me hais autant que je t'aime.
Need you more than anyone could ever know.



Le souvenir était exquisément douloureux et brûlait, encore vif, sur son derme dénudé. Elle observait les deux arcs rougeâtres qui avaient enflé sur son bras, un sourire aux lèvres.

« Fais-moi mal », avait-elle dit.
« Non. »
« S'il te plaît. »

Silence. Hésitation.
« Non. »

Pourtant, elle en avait besoin. Il fallait qu'il cède.
« S'il te plaît. »

Elle lui avait présenté son cou, il avait choisi le bras. Elle n'avait pas cillé. Et pendant qu'il satisfaisait son désir incongru, elle s'était abandonnée à la souffrance charnelle. Il s'y était mêlé un plaisir brutal et puissant, et elle avait oublié de respirer.

« Merci », avait-elle dit lorsqu'elle avait senti que sa chair ne tarderait pas à céder. On ne lâcha pas prise. Elle remercia une seconde fois, on la libéra. Elle se sentait beaucoup mieux. Le baiser qui suivit n'en fut que plus passionné. Elle s'accrochait à l'homme qui la possédait corps et âme et s'était offerte autant qu'il lui avait été possible de le faire durant le court instant qu'on leur avait accordé. Dans quelques minutes, il partirait et elle serait de nouveau seule, plus seule que jamais.

« Tu ne me quitteras pas, hein ? », avait-elle demandé d'un air candide.
« Non », avait-il répondu dans un sourire.

Elle avait souhaité qu'il dise vrai et avait soudainement réalisé la réciprocité absolue des sentiments qu'ils avaient l'un pour l'autre. Elle s'était livrée à la confiance; c'était mieux ainsi.

Longtemps, elle s'était demandé si le bonheur existait réellement. Désormais, elle n'en doutait plus.

# Posté le vendredi 24 avril 2009 15:45

Modifié le vendredi 24 avril 2009 16:22

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Two bodies; one spirit.


Je me glissai dans mon cercueil aquatique. Il m'engloutit, et la totalité de mon corps disparut bientôt sous la masse liquide et translucide qui me brûlait la peau, apaisante. Je fermai les yeux et résolus de n'émerger qu'au bord du malaise. Et j'attendis, immobile. Il y avait sous l'eau une sorte de grondement sourd qui, étrangement, me confortait. A cela s'ajoutait le battement régulier de mon c½ur que j'entendais frapper comme s'il eût été au sein même de mon crâne. Je jugeai cette perception idéale ; elle me permettrait de déterminer la limite que j'attendais pour émerger.

Je trouvai l'inertie plaisante. Seuls les heurts cadencés de mon palpitant me rappelaient que j'étais en vie. Je tentai de m'élever au-delà du cadre spatial qui délimitait mon existence. Fût-ce un lac, une mer, un océan, peu m'importait. Je voyageai dans l'imaginaire. Mon apnée devint moins agréable, mais je refusai de quitter ma mort artificielle. Il fallait que j'atteigne la limite. Mon c½ur sembla s'agiter, réclamant son oxygène et assénant à ma poitrine de violents coups révoltés. Finalement, il s'apaisa en signe de résignation. Je m'interrogeai sur la sensation qui m'avertirait que j'avais atteint un extrême désormais dangereux. Peut-être ne sentirais-je rien. Je verrais. Les pulsations de mon c½ur s'espacèrent. Je me sentis faiblir. J'étais au seuil de l'asphyxie et trouvai la souffrance agréable. La limite était atteinte. Je brisai la surface de mon cercueil et émergeai, inhalant une bouffée d'air libératrice. Un voile brumeux m'aveugla un instant et disparut aussitôt. Je regrettai que mon corps ne m'eût pas permis une apnée plus longue.

Aussitôt, je ressentis une fatigue pesante qui me força à quitter l'eau de façon définitive. J'allai trouver le sommeil parmi l'amas de tissus qui constituait mon lit. Les fuites se succédaient.

Le silence régnait en maître. Seul le Temps abattait sa seconde régulière, impassible. Il semblait faire écho à mon coeur qui, un instant plus tôt, occupait l'espace de la même façon. On n'entendait rien d'autre. Je m'abandonnai en songeant qu'il n'y avait pas de plus grande liberté que celle octroyée par le sommeil. L'inconscient exulte, l'esprit est plus affranchi que jamais. Une symphonie désorganisée se met en place et se joue dans un silence physique des plus parfaits; nous sommes les seuls spectateurs des fantaisies de notre subconscient. Somme toute, le sommeil est une échappée précieuse et constitue l'ultime liberté de l'Homme. Je m'éveillai dans une semi-obscurité apaisante.

Aucun silence n'égalait celui-ci. J'embrassai la solitude avec fougue. Ne manquait qu'une présence qui n'eût rien troublé de cet agencement idéal; la Sienne. Ensemble, il nous arrivait de recréer cet absolu circonstanciel que je savourais allégrement. Je songeai qu'il n'y avait pas de preuve plus accablante que celle-ci quant au lien qui nous unissait; il relevait d'une osmose singulière et délicieuse.

Je me rendormis en souriant.

# Posté le jeudi 23 avril 2009 20:15

Modifié le jeudi 23 avril 2009 21:13

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23 Novembre 2008.
Le geste eut un indicible goût de simplicité et d'insurmontable. Extatique.
Et ce fut le Commencement.


Joyeux cinq mois, mon amour.

(La publication a quelques heures de retard, qu'importe)
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# Posté le jeudi 23 avril 2009 19:07

Modifié le vendredi 24 avril 2009 12:00

Ad vitam eternam.

Ad vitam eternam.
Je crois qu'en fait c'était d'une énorme gifle dont j'avais besoin. Et c'est exactement ce que j'ai reçu. Une gifle. Une de celles qui vous clouent sur place, privé de tout réflexe, de toute cohérence, une de celles qui paralysent. J'étais là, et je vivais, mais j'aurais juré ne pas habiter mon corps. Il me semblait que je me tenais face à moi-même, à mes propres yeux débordants de larmes, et je m'entendais prononcer des paroles irréfléchies. Ma voix elle-même m'était inconnue tant le coup avait été violent. J'étais complètement sonnée. C'est fou comme une minute peut se prolonger, lorsqu'elle est douloureuse. Une minute. C'est le temps qu'il m'a fallu pour voir toute ma vie, tous mes espoirs défiler devant moi, comme un film en avance rapide. Je crois que j'étais inconsciente. Mais c'était ce dont j'avais besoin. Il fallait que je prenne conscience de mon ineptie. Je perdais le contrôle et m'engageais, une fois encore, dans une sorte de perdition ridicule qui avait entrepris de m'empoisonner. Tu m'as sauvée, et ce n'est pas la première fois. J'ai été aveugle, sourde, et idiote, mais c'est terminé, tout ça. Je suis guérie.


# Posté le mercredi 08 avril 2009 17:45